Compléter votre profiling par vos pertes en sodium
Le profiling dit comment votre organisme produit et gère l'énergie. Le sweat test — en français, test de sudation — ajoute ce que vous perdez en transpirant. La sueur emporte plusieurs électrolytes — surtout du sodium et du chlorure, bien plus que du potassium ou du magnésium — et c'est votre concentration de sodium (Na+) que l'analyse restitue : parmi eux, c'est lui qui pèse le plus sur la répartition de l'eau dans l'organisme et sur ce que vous retenez de ce que vous buvez.
Deux mesures le composent, et toutes deux vous sont propres. La concentration de sodium dans votre sueur dépend surtout de qui vous êtes : elle est très stable dans le temps et ne bouge pas avec les conditions, si bien qu'un seul test suffit. Le débit sudoral — votre taux de sudation —, lui, vous est propre aussi mais varie d'une séance à l'autre, avec l'intensité de l'effort et les conditions : température, humidité, en salle ou dehors. Croisées, elles donnent votre perte de sodium en milligrammes par heure : de quoi savoir combien d'électrolytes prendre, et quand, au lieu de suivre une règle générale qui ne correspond pas à votre fonctionnement interne.
On peut arriver au départ avec un moteur parfaitement prêt et perdre sa course sur ce seul terrain : c'est la composante qui se travaille le moins à l'entraînement, et celle qui se règle le plus vite une fois qu'on la connaît.
Le test se fait au repos, assis et détendu : on stimule la sudation sur l'avant-bras, puis on recueille l'échantillon. Ni piqûre, ni effort, ni douleur — et pas d'attente de laboratoire, l'analyse se fait sur place : chez vous, dans votre club, ou en centre partenaire.
La technologie vient de la médecine. Le même procédé — stimuler les glandes sudoripares de l'avant-bras par iontophorèse à la pilocarpine, recueillir quelques microlitres de sueur, les analyser — est utilisé de longue date en milieu hospitalier, sous le nom de test de la sueur, pour le dépistage de la mucoviscidose. Ce qui change ici, c'est la finalité : on en tire votre concentration de sodium pour bâtir votre stratégie d'hydratation. Aucun diagnostic, aucun dépistage — c'est une mesure de performance.
La concentration200 à 2 000 mg/Lde sodium par litre de sueur : voilà l'écart observé d'un athlète à l'autre — c'est sa signature.
La pertejusqu'à 15 ×d'écart, toujours d'un athlète à l'autre, sur le sodium réellement perdu. Elle dépend de deux choses : la concentration, propre à chacun, et le débit sudoral, propre à chacun lui aussi mais qui varie en plus avec les conditions.